Le temps du contact

Bonjour à toutes,

Bonjour à tous,

“Qui sommes-nous ?”

J’avais entendu ces mots éclatés dans ma tête… Personne n’était présent à mes côtés.  Je n’avais pourtant pas rêvé !  .Je venais juste de me réveiller de mon sommeil.  Ce n’était pas le songe d’une nuit d’été, mais il y avait quelque chose d’inhabituel, de complètement diffèrent des autres réveils…

Cette phrase aussi simple soit-elle,était là gravée sur l’écran de ma conscience :

“Qui sommes-nous ?”

Le ton sur lequel j’avais perçu ces mots avait un goût de fermeté, une injonction sans rigueur malsaine. Simplement, cela se voulait strict.  Cela faisait que mon attention reposait donc sur le son de cette vibration ; j’étais donc totalement attentif à ce qui allait se passer.

J’eus alors cette impression fugace que j’avançais vers un pont.  Ce pont, passerelle jetée par Zeus est justement parcouru par sa messagère Iris, dont l’emblème est l’arc-en ciel.  J’étais donc invité à voyager, à explorer toutes mes constructions intérieures, afin de transformer en épreuves le voyage vers moi-même…

Je parcourais donc des avancées, des alliances vers des mondes encore inaccessibles : j’allais, en vérité, découvrir une nouvelle relation à l’autre.

Au loin, se dressait un drapeau couleur rouge, symbolisant l’aube nouvelle, le combat entre les ténèbres et la lumière.  J’avançais lentement sur ce pont, à l’aube d’un nouveau jour.

Qui étais-je ?  J’étais pourtant là, sur cette passerelle à caractère périlleux, prêt à toute aventure initiatique.

Pour moi, ce pont à traverser est une voie étroite comme celle que l’on trouve en alchimie.  Cette voie inéluctable a comme caractère l’obligation de choisir et, dans ce choix, il n’y a que deux alternatives :  je suis soit damné, soit je suis sauvé.

Ce pont jeté sur l’invisible semblait être l’écharpe d’Iris ; en effet, la Lumière véritable se décomposait au travers du prisme cosmique pour former cette écharpe d’iris, cette alliance éternelle entre le ciel et la terre…  Sur cette voie étroite, j’avais parcouru un tiers du chemin pour me rendre de l’autre côté.  Le soleil se levait doucement face à moi ; il commençait sa courbe ascendante alors que moi j’allais plutôt vers ma courbe descendante.  Il en est ainsi pour tout être humain venant dans ce monde.  Chacun(e) pourra, en effet, s’interroger, avec précaution, sur la portée autobiographique de ce texte…

C’est vrai que, lorsque l’on reprend, de cette manière, certains mots, certaines expressions pour les “perlaborer” et ensuite, les faire progresser finement en ressentis, il ne peut en sortir que du bon.  C’est la raison pour laquelle il y a beaucoup à dire sur ce texte mais je n’en ai ni le temps, ni les larmes, je le regrette infiniment.

Voilà pourquoi je n’ai que le courage de mes mots.  Ce que je ne fais pas, j’en parle, ce que je ne dis pas, je l’écris.  Ce sont des mots pour coucher ma réflexion, des pensées pour taire mes actes manqués…

J’en ai conscience, il y a certainement un être pris au piège en moi.  C’est peut-être l’impermanence de la certitude ; je vous demande donc, en conséquence, de lire ce texte comme une entrée en matière,”une mise en place”.

En reprenant alors mon récit, je continuais cependant de marcher sur ce pont pour rejoindre cette silhouette, là-bas, tout au bout.  Je me disais en moi que j’écrivais comme si cela devait permettre de sauver la vie de quelqu’un…  Probablement la mienne !

Je suis persuadé que j’écris aussi pour entendre mon âme parler, chanter et parfois pleurer.

Ce n’est pas un témoignage “dilacéré” d’une confession mais bien plus le récit d’une aventure initiatique.  Pourtant, je me rendais compte que je n’étais pas encore rendu au bout de mes efforts, quand d’autres paroles se firent jour dans ma conscience.

“Écoute, écoute, écoute la chanson de mon coeur.

Écoute, écoute, écoute la chanson de mon coeur.

Je ne t’oublierai jamais, je ne t’abandonnerai jamais.

Je ne t’oublierai jamais, je ne t’abandonnerai jamais.

Quand le soleil de l’âme se lèvera,

Sache que je t’aime

Et que je ne t’oublie pas

Un seul jour !”

Ces mots virevoltaient  en moi, doucement, comme un papillon butinant de fleur en fleur, -ce nectar des dieux -.  Immortelle sensation, sur cette passerelle virtuelle ou tout se recentre sur moi…

Que les silences du petit matin sont menteurs…  Il n’y a personne !  Tu alignes des mots comme des pierres font un chemin.  Cependant, ce chemin ne mène pas où l’on croit et sous chaque pierre se trouve un monde…  C’est vraiment exacerbant de ne pas voir celui qui nous parle ; je pense que je ne suis pas en train de soliloquer tout en marchant.

Ces phrases qui claquaient comme des boules de billard  dans l’antre de mon cerveau, – caverne érémitique d’un postulant à un nouveau grade -, me procuraient une migraine insolente.  J’arrivais au bout de mon périple ; je ne sombrais pas, malgré la tempête qui menaçait…  L’image de l’apôtre Paul  sur le bateau qui le conduisait à Rome me vint en mémoire…

J’étais déjà à quelques mètres du bout et je voyais distinctement ce personnage voluptueux et grand qui me faisait face.  De cet être enveloppé d’une combinaison couleur chocolat, je sentais quelque chose d’indéfinissable venir tout contre ma poitrine.  Comme une brise légère, je sentais ne faire qu’un avec ce personnage ; il était là, face à moi, j’étais devant lui.  Mon coeur,  comme les ailes d’un moulin se mit à tourner et à s’ouvrir.  Je ne faisais qu’un avec lui, c’était son énergie qui m’ adombrait…

Je me trouvais alors régénéré, redimensionné ; je compris, à cet instant, que c’était lui qui me parlait tout au long du chemin.

Alors, de sa main tendue, une lumière surgit et je compris que j’avais réussi ce passage.  Je ne pus voir ce que contenait sa main, mais je sais que cette lumière m’appartient dès à présent et, pour longtemps…

Cette rencontre, pour moi, ne fait que commencer ; pour l’instant, je me dois d’intégrer ce voyage afin que toutes celles et tous ceux qui viennent vers moi puissent en profiter.

Je vous souhaite une bonne journée, un bon week-end et une très bonne semaine.

Une réflexion au sujet de “Le temps du contact

  1. j’ai lu votre texte du passage sur la passerelle avec beaucoup de compassion ; j’ai respiré vos mots avec mes pleurs. Pourquoi grand Dieux écrivez-vous encore ? Pourquoi-pas le silence et l’oubli. Pourquoi entendez-vous toujours et toujours et toujours des-mots-audibles et pourquoi les ré-écrivez-vous ? Même “écoute, écoute la chanson de mon coeur” peut devenir une attache, un lien dense et pesant. Laissez-vous couler encore, et oubliez même … mais pourquoi vous écris-JE ?
    Tout cela, VOUS le savez déjà ! N’est-ce-pas !

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