Les barbelés de l’inconscient ou la prison du mental

Bonjour à toutes,

Bonjour à tous,

Ce que je te montre là, je l’ai vécu en d’autres temps, voire dans un autre espace-temps, toutefois, bien ici sur terre ; ce que je te montre est une réalité même si elle n’ est perceptible que par certain(e)s.

Le  temps, comme tu peux t’en apercevoir, n’est pas du tout comme cela…  C’est la raison pour laquelle tu ne peux voir qu’une seule part de la vérité.

Cette image n’est pas un hologramme, non, mais bien plutôt une certaine réalité, la mienne, en fait !

Ce que je vois, ce sont des barbelés…  Un camp est cerné par ces barbelés qui l’entourent ;  un jeune homme vêtu de guenilles est empêtré dans ces fils barbelés…  Je suis loin, je ne vois pas très bien cette scène ; et pourtant, je devine vraiment ces formes humaines et j’entends vaguement les cris des prisonniers d’une autre ère, d’un autre temps, à l’image d’un passé peu reluisant pour certains…  J’essaye de m’approcher mais j’ai du mal à arriver vers ce camp.  On dirait que l’image bouge, se gondole, mais, en fait, il n’y a rien de tout cela.  Quant à ma vue, je ne sais si elle a à voir avec ce qui se joue en ce moment, mais j’ai du mal à percevoir les choses.  Je devine que près de ces barbelés il y a une roulotte avec une toile rouge par dessus.  La roulotte est stationnée là.

Soudain, le jeune homme agrippé aux fils de fer barbelés, leva les yeux  à ma hauteur.  Quelle ne fut pas ma stupéfaction quand je découvris son regard qui plongea dans le mien.

En effet, avais-je rêvé ou étais-ce la vérité du moment  ?  Ce jeune homme me ressemblait comme deux gouttes d’eau.

C’était moi, et j’étais lui… Pourtant, je ne faisais aucunement partie de la scène, encore moins du décor.  J’en étais plutôt le spectateur, uniquement.  Je vibrais à la même fréquence que lui, ce jeune homme, endormi dans mon corps mais mon esprit, lui, était parfaitement en alerte..

Cela peut paraître étrange de penser que l’on n’est plus soi, sentir seulement son esprit se mouvoir ailleurs, comme si vous étiez totalement vous…

Je regardais donc ce deuxième moi s’animer comme une marionnette.  Mon coeur se dilatait, ma poitrine se gonflait et tout mon corps vibrait d’une douce chaleur.  Je m’aperçus que mes pieds étaient dans la boue, mais cela ne me gênait en aucun cas.  C’est avec avidité que je regardais de l’autre côté de ce grillage, je m’agrippais de toutes mes forces à m’en écorcher les paumes des mains ; j’étais vêtu d’un sari couleur bordeaux, de sandales, et, sur mes épaules, tombaient un carré de tissu que j’avais noué sur le revers.

En parallèle, mon autre moi, resté, lui, de l’autre côté des barbelés, voyait aussi la scène qui se jouait dans ce camp.  Privé de toute défense, il ne pouvait se mouvoir.  D’où je me trouvais, je pouvais entendre les paroles qu’il arrivait à prononcer avec difficulté.

“Oui, j’étais bien ce jeune homme dans ce camp, et, par ailleurs, j’étais aussi, moi, de l’autre côté mais je ne pouvais pas bouger”.

Cette scène à laquelle j’assistais était bien réelle ; c’était ce genre de scène qui peut vous donner à penser que vous avez quelque petits problèmes psychologiques… Imaginez, vous êtes vous et un autre en même temps, vous vous regardez en train de vous regarder…

Je n’ose dire l’effet que cela produisit dans mon esprit !  Les mots sont-ils assez puissants pour que j’arrive à transcrire cette ‘décorporation’ de mon moi profond, voire de ma véritable nature humaine ou encore ‘spirituelle’ ?  Je n’en suis pas certain !  Ce que je sais, en vérité, c’est que je voyais aussi bien que dans mon véritable corps.

Ce phénomène ne dura, cependant, qu’un court instant avant qu’une fois encore, le jeune homme du camp ne reprenne la parole.

“Attaché aux barbelés, je le suis depuis mon arrivée ici, dans ce camp de torture.  Je suis figé là, comme pétrifié ; je me suis résigné à toute chose extérieure à moi-même.  Ce que j’ai compris, je te le livre, à toi qui est en dehors des murs de cette prison, à toi, qui te trouve dans cette autre cellule qu’est ton corps.

De mes mains, j’ai longtemps créé…  J’ai aussi violenté, frappé, tué, non par ma volonté, mais par mon esprit, qui, aujourd’hui, je le sais, était, lui, enfoui dans l’ombre de mon égo…  J’ ai aussi longtemps fermé les yeux sur la réalité du temps qui passe, je me suis enfoui au tréfonds de moi-même pour me cacher, me protéger… Je ne souhaitais que me suffire à moi-même.

J’ai refusé la Lumière du soleil car je pensais que mon éducation était la bonne, que ce que l’on m’avait enseigné suffisait pour avancer sous le soleil de la vérité… Lire la suite