Quand la misère devient poussière.

Bonjour à toutes,

Bonjour à tous,

Il y a souvent des gens que l’on ne voit pas et pourtant ils sont là.  Combien de fois sommes-nous passé à côté d’une personne que nous n’avions pas voulu voir parce qu’elle nous dérangeait ?  C’est un peu comme ce qui suit…  Une femme laissée là, dans le froid matin d’hiver, une femme allongée semblant dormir…

… La neige, berceau immaculé, linceul de la femme qui se meurt, suaire naturel qui enveloppe la nature mortelle de cette personne…  J’ai froid pour cette mamie, ma mie, mon pain de vie et, pourtant, ce n’est pas ma mamie, elle qui semble dormir du sommeil du juste…  Il est 4 heures 59 en ce froid matin de janvier.  Dans cette gare aux quatre vents, cette salle des pas perdus, elle, ce n’était pas ses pas  qu’elle avait perdus mais son corps.

Celui-ci reposait là dans ce hall de la gare de Perrache à Lyon.  Son corps était allongé comme une momie.

Elle s’est fanée un soir mais la rosée du matin ne l’a pas éclose à nouveau.

Comme fane la rose, mon coeur se dessèche  en son absence.  La nature est  en veille, les roses vont  se faner, et avec, le jardin morose de la vie ; les douleurs des disparitions, doucement ne seront plus qu’un souvenir jusqu’aux prochaines fleurs.  Combien de mots, combien de larmes, ai-je pu essuyer en suivant les parcours chaotiques d’êtres “hybrides”.   Je me suis cru parfois perdu dans cet espace sans balise, sauvage et infini, au bord de la peur et de la folie.

Pourtant, les rambardes de la vie, froides, glacées et invisible, me tenaient fermement la laisse.  Décidément, c ‘est certainement un requiem pour un vivant que ce chant qui s’élève de ce hall de gare…

Certains passent et ne voient pas ce corps le long de cette balustrade ; non, chacun court vers sa destinée du moment…  C’est dur, la vie, surtout quand on a choisi d’affronter l’épreuve du feu… Un feu qui purifie de l’intérieur, car la vie est un éternel questionnement.  Cette dame qui n’était plus, bien que les pompiers appelés en renfort, s’essayaient encore et toujours à la ranimer, essayant aussi de connaître son identité.

Rien qui ne la distinguait de quelqu’un d’autre… Certainement, avant d’avoir eu une couverture sociale, elle avait pu avoir une couverture maternelle.  Mais, aujourd’hui, cette couverture n’a plus d’existence.  Est-ce ainsi que nous devons chacun(e) partir après un difficile labeur sur terre ?

Les femmes et les hommes de notre temps, pour la plupart,  n’ont plus d’identité,  ils ne savent plus qui ils sont.  Ce sont les ombres de déportés.  Savez-vous, toutefois, que la beauté peut naiîre de la répétition ?

Je vous le dis : la quête d’absolu est aussi une compréhension de la “fange du monde.”  Des passions, des illusions, des désirs et surtout des aveuglements, il faut en garder le meilleur…  En garder le meilleur…

Cette femme laissée pour compte avait “une étiquette” ; les pompiers avaient diagnostiqué enfin une hypothermie ; la température de son corps était descendue à 34 degrés, ce qui signifie une hypothermie moyenne.

Cette mamie fut donc conduite à l’hôpital pendant plusieurs mois.  Je vous assure que ce hall de gare n’a été bouleversé par aucun changement, simplement, cette vieille dame  n’était plus là…

Chacun(e) s’interrogera, bien entendu, sur l’importance à accorder à nos semblables et surtout aux personnes vieillissantes. Partout, nous entendons parler d’Amour mais savons-nous vraiment ce que cela représente ?

Si chacun(e) d’entre nous, en signe d’humilité, pouvait baisser la tête, nous verrions certainement notre semblable assis(e) là par-terre, à attendre un peu d’Amour…

Je vous laisse avec ces réflexions et vous souhaite une bonne journée et un bon week-end de Pentecôte, ainsi qu’une excellente semaine.

Une réflexion au sujet de “Quand la misère devient poussière.

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