Le langage de Dorlinda ou le Féminin Sacré

Bonjour à toutes,

Bonjour à tous,

Cela faisait déjà un petit moment que Jean était assis dans cette petite chapelle, au sommet de cette colline.  Il lui avait fallu grimper durement pour arriver jusqu’à ce lieu si reculé de la montagne, mais enfin, Jean était assis dans ce petit sanctuaire, il méditait.

Tout était vraiment calme dans cette chapelle perchée à flanc de colline et Jean, dans sa méditation, revoyait des bribes de sa vie ; il avait, par moments, quelques accès de colère : il ne savait pas pourquoi mais tout cela lui faisait venir les larmes aux yeux.

Dans ces conditions, alors, pourquoi Jean avait-il ces sensations-là ? Que pouvait-il bien se passer dans cette chapelle ?

Il est vrai que personne ne peut le dire…  Ce que l’on sait, c’est que Jean était seul, en pleine méditation…

Détendu, assis dans le calme de cette chapelle si haut perchée, il ne pouvait certainement rien lui arriver…  Jean repensait à plusieurs scènes de sa vie, quand, soudain, il entendit, dehors, un bruit sourd.

Dans un premier temps, il n’y prêta aucune attention ; toutefois, une seconde ‘déflagration’ remplit l’espace de la petite église.  Jean sursauta et émergea, d’un coup, de sa méditation.  Perplexe, il alla voir dehors ce qui pouvait bien provoquer ce bruit…

Étrangement, rien ne paraissait suspect aux yeux de Jean.  Pourtant, il n’avait pas rêvé, il avait bien entendu ce bruit par deux fois !  Toujours rien de visible à ses yeux !  Jean retourna donc dans le sanctuaire et continua de réfléchir sur son passé.  Il ne savait pourquoi mais il était mal à l’aise et sentait son coeur battre plus que de raison ; tout cela lui était inexplicable…  Seul, si haut sur ce pic de la montagne, qu’allait-il bien advenir de lui  ?

Il se sentait de plus en plus mal en point, mais pouvait-il l’attribuer à l’altitude du lieu  ?  Que penser de tout cela  ?

Ce qui se passait ici, dans cette chapelle dédiée à la Vierge, était inhabituel…  Seul, dans ce lieu, Jean ne savait plus que faire.  Le soir commençait à descendre ; en effet, en montagne, la nuit se fait plus rapide que dans la plaine.

Le ciel rejoignait la terre comme en certaines périodes de l’année, pour s’accoupler…  Le ciel, couleur indigo, embrassait la terre recouverte d’un rayon couleur or.  Le soleil, doucement, se cachait derrière l’horizon des montagnes célestes…  Jean était sorti et regardait ce spectacle que cette nature lui offrait en ce jour.  Puis, après quelques minutes de contemplation presque mystique, Jean vit le ciel toucher la terre, comme dans une étreinte amoureuse…

Le soleil finissait sa course sur l’horizon des pics rocheux.

On aurait dit un orgasme  de l’univers avec la terre, voire un nouvel enfantement.  C’est certainement Ra, le soleil couchant, qui donnait l’impression que l’univers avait des convulsions…  C’était une étreinte parfaite, un accouchement précoce, un retour du temps…  Le ciel aspirait la terre et celle -ci recevait le ciel en son sein pour une nouvelle union du Père et de la Mère.  Le soleil avait maintenant complétement laissé la place à cet azur indigo, qui  de ce fait, donnait une intensité à ce spectacle.

De là où il était, Jean sentait l’univers s’extasier de bonheur ; c’était un mariage céleste parfait du jour et de la nuit, comme il devrait y en avoir sur terre, entre l’homme et la femme…

C’était la rencontre de la partie la plus précieuse de chaque individu, un mariage, une union cosmique  en chacun, du sacré qui nous habite tous.  Il y avait, en ce début de soirée, une naissance sublime qui se jouait à plusieurs niveaux…  Le monde, lui allait enfanter… Jean, lui, recevait quelque chose d’indéfinissable.

Ce rendez-vous mystique avait lieu sur ce piton rocheux. Gaïa, Rhéa, Déméter, Isis…  Et d’autres s’étaient donné rendez-vous en ces lieux, afin de sublimer parfaitement l’instinct et l’harmonie la plus profonde de l’Amour…  Cette force universelle descendue, là, était le principe spirituel, exprimé sous la forme féminine.

Dans l’écho de la montagne, Jean entendit cet hymne ‘La nuit’ de Jean-Philippe Rameau :

” O nuit, qu’il est profond ton silence

Quand les étoiles d’or scintillent dans les cieux !

J’aime ton manteau radieux

Ton calme est infini

Ta splendeur est immense

Ton calme est infini

Ta splendeur est immense.

O nuit, toi qui fait naître les songes

Calme le malheureux qui souffre en son réduit

Soit compatissante pour lui

Prolonge son sommeil, prend pitié de sa peine

Dissipe la douleur, nuit limpide et sereine.

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