Euphonia, Douceur de la voix

Bonjour à toutes,

Bonjour à tous,

En cette fin d’après-midi, je venais de recevoir un appel téléphonique ; une personne de ma connaissance me demandait si je pouvais l’aider à résoudre son problème du moment.

Ce faisant, je n’avais pas hésité une seconde, et, nous avions, alors, entamé une conversation.  Après quelques minutes, notre discours changea d’intensité et le climat dans lequel nous nous trouvions changea lui aussi.

Je n’avais pas conscience réellement de ce qui se passait entre cette personne et moi, mais je percevais tout de même un climat inhabituel.  Je ne sais pas pour vous, mais il est toujours difficile de ma propre hauteur, de retranscrire ce qui n’est pas tangible véritablement.

C’est bien ce qui m’est arrivé ce jour là ; c’est quelque choses qui n’a pas de réalité tangible et je ne sais pas s’il est possible d’imaginer qu’en discutant par lignes téléphoniques interposées je puisse être l’auteur de cet événement.  De quoi s’agit-il, me direz-vous ?

Dans cet état de conscience altérable ou je me trouvais, je ne réalisais pas ce qui se passait.

Je sentais bien que je n’étais plus à ma place, celle d’écouter et de répondre à mon interlocutrice.  J’étais sensiblement “déconnecté” de cette conversation, quoique, l’étais-je vraiment ? Je pouvais répondre à ma correspondante mais je n’étais pas conscient en totalité de la réponse que je lui  délivrais.

Certaines personnes bien intentionnées pourraient me dire que j’étais sous état hypnotique, que je n’avais pas toutes mes facultés mentales et intellectuelles…  “Oui”, répondrais-je avec assurance.  Mais était-ce véritablement ce qui s’était produit ce jour là, en cette fin d’après-midi, en dialoguant au téléphone ?  Traduire ce que j’ai vécu comme phénomène est certainement très difficile, les mots manquent et traduire une émotion de ce genre, vous le comprendrez aisément, cela n’a rien de facile.

C’est à cet égard que je vous demande votre indulgence…  Que s’est-il passé ? Je me permets de vous éclairer quelques peu selon mon point de vue.

La voix de cette personne me parvenait comme si nous étions très loin ; je sentais aussi que je n’étais plus moi même.  J’étais bien là, assis dans mon cabinet de consultation avec mon téléphone à la main.  Pourtant, je ne répondais que partiellement à ma correspondante.

J’étais ici et ailleurs, à deux endroits à la fois, comme par ”bilocation”. Cela peut paraître absurde, totalement absurde, et, pourtant, c’est bien ce que j’ai vécu ce jour là en cette fin d’après-midi, vers  17 heures.  Comment cela peut-il se faire, être ici et là-bas, ici et ailleurs ?

Penserai-je être bon pour une maison d’internement ?  Qui peut en juger, certainement pas moi en cet état…  Etre sensiblement dans un autre espace-temps, ici et ailleurs, cela peut sembler affolant.  Je vous dirai que, lorsque l’on se trouve au téléphone, on ne pense pas à ce genre de phénomènes, même si l’on sait que ça existe.

J’entendais la voix de ma correspondante, mais mon mental, lui ne ”captait” pas ce qui m’était dit.  J’entendais des sons très lointains… Étais-je toujours en relation  avec cette connaissance ?

Certainement, mais devant moi, se présentaient des scènes d’un autre âge. Les paroles de mon interlocutrice me semblaient de plus en plus lointaines.  Je percevais ces images parfaitement comme dans un film et j’entendais à l’autre bout du fil que tout était cohérent.

J’étais le spectateur de ce film d’un autre temps ; j’étais dans ce film, pourtant, je ne faisais pas partie de ces scènes. Curieusement, j’étais hors du temps.

Notre conversation s’arrêta alors et je finis par raccrocher.

Je n’étais pas complètement remis de cette aventure ‘paranormale’ quand une voix sortie de nulle part prononça ces mots : “Je ne vais pas me présenter de suite”.

Je restais donc quelques instants interloqué, puis je pris une feuille et un texte sous dictée est apparu.  Ce n’était qu’un extrait, une partie qui m’ était confiés, que je vous transcrit là, aujourd’hui.  Je vous laisse libre de ce que vous trouverez, entre les lignes de ce texte hors temps…  J’ai clairement entendu cette douce voix de femme lors de la prise de ce texte.  Ma mains roulait vite sur le papier, l’écriture souple donnait un rythme au texte qui se voulait l’histoire d’une vie, de sa vie.  J’écrivais, je voyais et j’entendais…  Je vous laisse avec cette capture d’un autre temps…

Euphonia, Douceur de la voix

Je ne vais pas me présenter de suite, nous avons tout le temps pour cela.

L’important n’est pas qui je suis mais qui tu es.

Il est des Amours que l’on n’oublie pas, des Amours qui restent gravés en nos coeurs, quoique l’on fasse, quoique l ‘on dise.

On se meurt d’impatience car rien ne vient, le temps se fait long.  Le temps, comme le fil que l’on tisse se fait attendre…  Il est des Amours qui restent des siècles après l’éprouvante attente, de l’image que l’on avait gravée en notre coeur, espérant que le temps passe.  Comme un jour, mille ans, à jamais, la laine n’est filée… Le temps est passé, je suis partie, le chagrin au coeur.  L’image que j’avais de mon amant n’est plus.  Enfermée dans l’obscure salle du Temple, enfermée, avec pour toute lumière, cette obscure meurtrière.  Enfermée dans mes sentiments, comme un vêtement trop mal ajusté, cette cotte qui n’est pas de maille, serrant ma poitrine trop bien faite, laissant apparaître cette phtisie qui un jour me perdra.  J’ai toujours eu la constitution fragile mais cela est une histoire que je vous conterai plus tard.

Il est des Amours qui nous laissent un parfum d’amertume, des Amours qui nous brûlent de l’intérieur, comme le feu de la Saint-Jean.  Ce feu qui brûle en moi me dévore bien plus que tout autre chose, bien plus que ma condition actuelle… J’ai beau filer la laine du temps qui passe, ce feu ne s’arrête pas.

Il est des Amours qu’il faut garder avec soi durant une éternité ; il serait préférable de ne point avoir connu la vie… La peine engendrée par mon âme me donne un corps si frêle que la tempête de la mort me fait vaciller à chaque instant du jour auquel il m’est donné d’assister.

Il est des Amours qui ne sont que l’ombre d’un cauchemar inacceptable pour une créature quelle qu’elle soit, mais, puisque je suis une Dame, je ne peux en ces lieux tenir un discours comparable à celui de mon tuteur de mari.  Je ne peux, en ces temps qui me sont donnés  de vivre, pouvoir prétendre être celle que je suis vraiment.  Je dois, par tout moyen, me taire ; je dois accepter, – par définition établie par l’Église Catholique Romaine qui a fait monter sur le trône de France -, mon tuteur qui sera aussi mon mari.

Je pleure en ces jours… Je ne peux être délivrée de ces tourments qui flagellent mon âme.  Jours et nuits, mon coeur se déverse de ce sang qui coule de mes veines, comme une rivière qui déborde de son lit.  Je ne suis plus la même, j’ai perdu la transparence de mon coeur, je suis soumise aux Amours mortes.

Le temps où je suis n’est pas un temps pour les Dames, même les bien parées…  Je ne sais si le sein qui les a portées se réjouit de les avoir vu naître.  Le monde, en cet instant, est synonyme de raison.  Le royaume de  France ne rayonne pas de ce qu’il lui a été donné en tant que Fille Ainée de l’Église.

C’est une morte-saison qui nous a été donnée, avec son lot de tristesses qui enlève les jeunes gens dans la force de l’âge.  Cet âge qui fait de vous un parent, un amant et  une force pour la couronne de France.  Je ne vous parle pas des milliers de cadavres déversés dans les fossés, recouverts de terre, sans bénédiction de l’abbé…

C’est aujourd’hui que j’ai le courage de vous en faire part, car, âme “complaisante”, je n’ai pas trouvé, dans ce long périple de solitude, la vraie lumière, celle qui habite les coeurs…  Depuis bien longtemps maintenant…  Il est des Amours dont on ne peut se remettre… C’est un feu sanglant qui vous prend par le dessous et vous étouffe.  C’est un feu vif qui ne se consume pas mais qui vous serre comme une cotte et vous fait rougir, jusqu’à vous faire éclater la tête.

Il est un temps où la mort vous prend par le bras et vous la vomissez ainsi comme un bouillon trop gras que vous auriez mangé à la hâte.  L’Amour, je vous le dis, c’est une gueules rouge qui vous prend dans ses bras et vous retourne au-dedans de lui, comme les chairs d’un porcin.  Je ne vous dis pas que ce temps de l’Amour est une rosée pour mon corps, mais, simplement, c’est un souffle qu’effleure un vent léger de tristesse, au moment des réjouissances.  C’est, avec une douceur dans la voix, que je vais vous parler de ces Amours mortes par ”faute” d’être là, en avance.

C’est ici que ce texte brutalement s’arrête…  Depuis ce jour, j’attends, imperturbablement que, du fond de l’Univers, cette voix m’appelle et me dicte, une fois encore, sa complainte…

Je vous laisse, en ce jour, avec Euphonia… Je vous souhaite une bonne journée, un bon week-end et une bonne semaine.

2 réflexions au sujet de “Euphonia, Douceur de la voix

  1. Très beau très fort….. quand on a connu le sentiment vrai de l amour fort intense tellement intense qu il en est destructeur….mais au on ne peut oublier car il bouillonne pour l éternité en nous

  2. Merveilleux ! J’imagine que ce type de voyage dans le temps, comme une connexion parallèle ne peux pas te laisser indifférent…Et pourquoi toi ? pourquoi à 17h ce jour là ? Tu a de la chance Fabrice de vivre des choses fabuleusement enrichissantes. Et ces personnes aussi invisibles soient t ‘elles ont choisies le bon interlocuteur. Te voici à attendre la suite de ton aventure…”Je ne vais pas me présenter de suite, nous avons tout le temps pour cela.” …donc elle reviendra, entre 2 siècles probablement.

    MelRose

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