Guérisseurs, Magnétiseurs : les risques du métier

Bonsoir à toutes et à tous !

J’ espère que vous avez passé de bonnes fêtes de Pâques et que, pour certains d’entre vous, les vacances se profilent bien sous le soleil.

Ce soir j’ouvre un volet juridique sur le métier des Guérisseurs et des Magnétiseurs.

Lorsque l’on a recours à des méthodes relevant de l’immatériel, les thérapeutes sont soumis à des restrictions rigoureuses.  Face aux instances juridiques, ce type de prestations est placé dans le domaine de l’irrationnel.

En 1994, la décision d’abroger l’article R.34 du Code Pénal, qui sanctionnait les métiers consistant à ‘deviner, pronostiquer, expliquer les songes et autres’, témoigne d’un effort de tolérance vis-à-vis de ces professions en marge.  Rien ne l’interdit donc, sous réserve de ne pas aller à l’encontre des textes édictés.  Cela est valable pour tout exercice illégal de la médecine, ce qui relève de l’escroquerie, l’abus de faiblesse  ou l’abus de confiance, la publicité mensongère.

Exercice illégal de la Médecine

L’activité du Guérisseur, Magnétiseur, doit être dissociable de tout objectif thérapeutique au sens large. L’activité sera illicite si un tel but est qualifié, et cela ‘peu importe… que le remède  fasse appel à l’irrationnel et qu’il soit susceptible ou non de traiter efficacement la pathologie’. Ceci émane d’un arrêt de la Cour d’Appel de Rouen du 12 Septembre 2005.

Subjectivité du résultat thérapeutique

Face aux techniques relevant de l’immatériel, du paranormal, les griefs fusent :

* exercice illégal de la Médecine,

* abus de faiblesse ou tout simplement  d’ignorance,

* ou encore escroquerie sous toutes ses déclinaisons.

La raison c’est l’immatérialité de la prestation et le résultat subjectif escompté par le client.

Comment le Guérisseur, le Magnétiseur peut-il apporter la preuve de l’action sur le client, d’un bien-être ou d’un soulagement d’un mal ? Certains magistrats y verront une absence de résultat : absence de justification réelle  à la rémunération du thérapeute par un client nécessairement dupé… sans faire abstraction, en outre, du déni constant de la profession par le législateur, tenue au mieux pour un simple mensonge par les magistrats et le vide juridique qui en découle….  Dans la mesure ou de tels ‘dons’ ne  sauraient exister devant les magistrats, l’argument de la compétence ne pèse pas bien lourd !

La porte ouverte à l’escroquerie

La loi préserve a minima la liberté de croyance de chacun. Cela n’est en aucun cas condamnable, même si le praticien laisse croire qu’un pouvoir surnaturel trouve son origine dans la prière qui peut être susceptible de ‘désenvoûter’ un client.

Se préserver au mieux

Le Guérisseur doit agir sur des personnes ‘solides’ ; il lui sera d’ailleurs déconseillé toute initiative de démarche intempestive. Un client qui consulte de son plein gré est un client averti ; en effet, le client est d’accord pour le rémunérer, et, de ce fait, élimine le grief de l’abus de crédulité.

La publicité doit être discrète, ni mensongère, ni trompeuse. Lors des séances, il est préconisé de ne pas faire de mise en scène, d’artifices, d’incantations dans une chapelle.  Ces manœuvres sont considérées  comme frauduleuses dans la mesure ou elles appuient et donnent crédit  à l’affirmation mensongère d’un pouvoir, d’une capacité non prouvée.

Tout ceci doit être corroboré par la mise à l’écart de toute démarche thérapeutique.

C’ est avec l’aide du magazine  trimestriel ‘Profession Thérapeute’ et de la journaliste Sophie PICARD que cet article a pu voir le jour.

Je vous souhaite une bonne réflexion, un excellent week-end et une agréable semaine sous le soleil…