Le voyageur sans passé

Bonsoir à toutes et à tous,

Je remercie les nouveaux abonnés et surtout les commentaires que ‘le Secret’ a suscité.  Toutes les personnes qui ont répondu, sur le blog, ou en privé, font bien sûr avancer le débat.  Alors… n’hésitez pas !  Vos commentaires ont leur place sur cet espace et il est heureux que tous puissent profiter de votre savoir…

Cette semaine, pour le tableau d’honneur, j’ai choisi un couple d’amis, Annie et Alain.

Ce couple, depuis l’été dernier, souffre moralement car leur propriété de Gières (près de Grenoble), va être démolie.  En effet, la mairie  a racheté  leur terrain pour y faire construire des logements sociaux : mes amis se trouvent donc expropriés.  Cette maison ,ils l’avaient depuis trente ans et ils y avaient mis beaucoup d’affection.

Voilà ce que propose un maire d’une commune de Grenoble.  C’est bien le ‘social’, oui… mais à quel prix ? … et au détriment de qui ?

Si vous pouviez avoir une pensée pour mes amis cela les soutiendrait énormément.  Je vous en remercie du fond de mon cœur.


… Avez-vous déjà rencontré un voyageur sans passé ?  Si ce n’est pas le cas, je vous invite à lire le récit qui suit…

Si vous passez par Enckernföde près de Kiel, ne vous avisez pas d’aller à l’église luthérienne de Saint Nicolaï.  Vous ne trouverez plus rien, tout du moins, rien, car il n’y a rien…

Ne vous mettez pas dans la tête que j’ai fait un rêve, non cela est bien plus que ça !  Je sais, j’ai fais ‘un voyage’, j’ai peut-être été transporté en esprit comme certains prophètes ont put le faire.

Ne croyez surtout pas que je sois devenu fou.  Simplement, laissez- moi vous conter ce récit…

Je me trouvais dans cette cathédrale, j’avais déjà passé les deux porches et je me tenais devant ce dessin qui était au sol.  Oui, j’étais devant le labyrinthe, pourtant il n’y avait ni Minotaure,  ni fil d’Ariane…  simplement, je découvrais la Jérusalem céleste avec ses douze pierres précieuses.

Ceci me revint à l’esprit comme un éclair.

‘Ce qu’un homme ne sait pas ou ce dont il n’a aucune idée se promène dans la nuit à travers le labyrinthe de l’esprit’ (Goethe).

En fait, ce labyrinthe est un chemin vers les étoiles.

Ainsi, je me mis en branle et commençai à avancer dans cet escargot qu’est ce labyrinthe.  C’était mon pèlerinage et nous étions bien sûr un vendredi ; de plus,  il était 15 heures.

Je venais de faire plusieurs tours quand je me sentis partir en arrière ;  j’allais tomber tandis que ma vision se brouillait. Les bancs de la cathédrale disparurent et je fus ailleurs, mais, bien ici même, dans ce lieu saint.  Tout était différent  mais bien semblable ; toutefois, cela ne ressemblait aucunement à ce que je connaissais…

Je savais que beaucoup de choses peuvent se passer dans le labyrinthe d’une cathédrale, surtout dans celles qui font partie des étoiles. En effet,  au  lieu précis où je me trouvais, j’étais en relation avec la Vierge, cette constellation, dont l’étoile la plus brillante est Spica qui éclaire le cœur de tout chercheur.

C’est alors que j’aperçus au loin quelqu’un qui s’ approchait de moi.  Je ne savais pas qui il était, non, mais je savais au fond de mon âme qu’il ne m’était pas inconnu.  Cette personne, un homme, s’arrêta  à quelque mètres de moi et me salua .

Je le regardais, mais je réalisais que ce n’était pas moi qui voyais cet homme.  Cet homme était un homme jeune mais d’un autre temps.  Comment était-ce possible de regarder sans voir…?   j’étais ébloui par son aspect, par sa lumière  profonde et blanche.  Que me voulait-il ?   À ce moment-là, il m’était impossible de le savoir, tellement j’étais stupéfait.

L’homme se présenta, se dénomma  le ‘Saint Frère’. Je ne savais pas du tout ce que cela signifiait mais j’étais vraiment éberlué.  Voyant mon  émoi, il me dit :  ‘Je suis le voyageur sans passé’  … Cela ne me renseigna guère plus.  J’eus alors un rire nerveux et je lui dis :

‘Ce n’est pas pour vous moquer de vous que je souris

C’est parce que d’autres se riront de vous ,

En me faisant passer pour fou.

Je sais bien, cher Maître, que derrière le visible il y a l’invisible, celui qui est encore plus vrai que ce que l’on peut voir.”

Voilà… maintenant cet homme, ce voyageur inconnu me regardait de haut en bas comme si j ‘étais un objet de foire.

Puis il y eut comme une nouvelle éclipse, sans que rien ne se voile, et, venant  de l’invisible j’entendis ces quelques paroles :

‘Dans un certain règlement, l’adepte ne demeure jamais dans le même lieu longtemps ; il se retire alors du monde pendant des années afin de se régénérer.’

D’ où venaient ces paroles, je ne le savais pas, mais l’homme se tenait, lui, comme suspendu dans les airs ; c’était comme s’il y avait un voile, un rideau, entre lui et moi.

Je le regardais avec admiration, car au fond de moi quelque chose avait littéralement  changé.  C’est alors qu’il me dit :

‘Jamais je ne serais comme avant,

Car mes lèvres ont goûté au doux délice de la vie.

Jamais je ne serai le même

Car mon corps a reçu ce doux parfum,

Ce vent d’immortalité.

Et de ta main, oh ! Dieu,  j’ai reçu le calice,

Le vase d’Ambroisie, ce nectar d’immortalité parfaite’.

Que me voulait cet homme ?   Qui était-il réellement?

Pour moi, impossible encore de le savoir.  Seule, mon âme avait l’empreinte, la douce vibration de ce personnage.  C’est à ce moment qu’il pointa sont indexe vers mon cœur et me dit :

‘Connais-tu l’Adam Kadmon, l’homme primordial’ ?

J’ étais étonné de sa demande.  Je le laissais donc parler.

‘C’est l’interprétation mystique par la kabbale de l’imago-dei.  La création de l’homme à la ressemblance de Dieu’.

Et il continua :

‘La ‘cabale phonétique’, bien différente de la savante kabbale hébraïque, existe cependant.  C’est elle qui ouvre les portes les mieux scellées’.

Il ajouta aussi :

‘Sais-tu qui est l’Esméralda du savoir ultime et spirituel, tombée du front de  Lucifer, lui même ‘tombé’ dans la matérialité  ?  L’homme, quoi’ ?

Il venait de toucher en moi quelque chose de profond, mais d’indéfinissable ; j’étais ému jusqu’aux larmes.  Non, je ne pleurais pas, mais une joie profonde et vraie m’avait envahi.

Voyant cela il reprit :

‘Et de cette chimie de Dieu,

Je sors,

Toute la glaise qui repose aux pieds de l’Adam Kadmon.

J’en fais alors une pierre parfaite qui deviendra celle des philosophes.

Car la chimie de Dieu est une véritable galaxie à elle seule’.

Il y eut un silence, puis l”homme, d’une voix des plus circonstanciées, me demanda :

‘N’y a-t-il pas aujourd’hui ‘mariage du prince’  ?   Voyant que je souriais , il récita ces quelques vers :

‘Oh! toi vaisseau de lumière,

Cristal aux mille facettes,

Où jaillit la Lumière divine,

Au cœur de cette nef pour venir te poser sur la pierre.

Celle rejetée par les bâtisseurs, qui est devenue la pierre d’angle’.  (Psaume 117,22).

Puis posant les pieds sur le sol, il me montra cette pierre d’angle qui est l’autel.  Il me demanda de gravir les trois degrés, les trois marches conduisant au maître-autel qui se trouvent être les trois vertus théologales :

  • La foi,
  • L’espérance,
  • La charité.

Ce sont également les trois stades de la vie mystique :

  • purgative,
  • illuminative,
  • unitive.

Avant cela, il fallut me dénuder afin qu’en montant à l’autel je sois ‘revêtu’ de justice active et passive (Job 29,15).   Ainsi, j’eus accès à la perfection divine et humaine grâce à Christ ; enfin, j’avais un nouveau vêtement, celui de prêtre en esprit.

Ce ne fut que maintenant, qu’il me fut donné de gravir les trois marches de l’autel céleste et transcendant.  C’était parce que j’avais découvert ma nudité que je pouvais, dés lors, gravir les degrés mystiques pour être revêtu de l’aube et de la chasuble qui faisait donc de moi un homme Dieu.

Cela était si vrai que je me sentais observé de l’intérieur ; je n’étais plus le même, certes, j’avais acquis un degré dans l’évolution véritable de l’homme…

C’est ainsi qu’en ce vendredi, je reçus une nouvelle initiation.

Mon regard se porta de nouveau sur le ‘Saint Frère’, mais je ne le vis plus, il avait, lui, disparu !  De ce fait, je terminais mon tour du labyrinthe.

Que venait-il de de passer ?

Rêve, vision, tout cela  étaient de la même veine.

Qui peut me le dire  ?

Je le sais,  je ne trouverai personne, car je suis seul à avoir traversé mon âme.

Je vous souhaite un bon  week-end et une bonne semaine.

2 réflexions au sujet de “Le voyageur sans passé

  1. Cher Fabrice,
    que dire sur ce nouveau pli que tu nous proposes, n’étant pas de confession judeo chrétienne, je n’ai pas tous les repères pour pouvoir apprécier pleinement l’histoire. le labyrinthe par contre me parle plus …. le fil d’Ariane, le minotaure etc… sa symbolique est très riche, on en trouve un dans la Cathédrale de Chartres pour ceux que ça intéressent. ce type d’expérience (labyrinthe) est également relaté dans l’un des livres de Kathleen McGowan portant sur Marie Madeleine et Jésus. en tous cas, je te remercie pour cette histoire forte intéressante transposable d’une certaine manière sur ce que l’on peut vivre par ailleurs dans d’autres traditions. je te crois quand tu précises qu’il ne s’agit pas d’un rêve ou d’un brin de folie qui te pousserait à écrire …. et tu sais pourquoi je te dis cela. un grand merci et à bientôt pour un autre partage. Eric le scribe

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